ALLEMAGNE. “La Turquie doit rompre ses liens avec Daech”

12 JANVIER 2016

L’Ouest devrait mettre fin aux relations secrètes d’Erdogan avec Daesh, selon Sahra Wagenknecht, députée au Bundestag, sous peine d’une dangereuse escalade.

Aussi longtemps que le président turc poursuivra une politique contribuant à la prospérité des terroristes au Moyen-Orient, une résolution concernant la situation dans la région sera extrêmement difficile, a déclaré Sahra Wagenknecht, députée au Bundestag et vice-présidente de « die linke » (parti de gauche allemand).

Les pays occidentaux devraient exercer une pression sur le président turc Recep Tayyip Erdogan et mettre fin aux relations secrètes d’Ankara avec le groupe terroriste Etat islamique (EI), sinon le conflit en Syrie peut dégénérer, a ainsi déclaré Sahra Wagenknecht dans une interview au magazine allemand Spiegel.

« Les risques d’escalade sont extrêmement élevés », a insisté Wagenknecht. « Il y a maintenant 15 pays qui luttent en Syrie, parfois ensemble, parfois côté à côte, parfois l’un contre l’autre. Il n’y a pas de stratégie commune » a-t-elle constaté.

Selon elle, il n’y a pas de consensus entre les parties concernées quant à leurs actions. Ils ne disposent même pas d’un accord sur le fait que la lutte contre Daesh devrait être de la plus haute priorité. Par exemple, la Turquie a des priorités différentes et entretient des liens avec les djihadistes.

«Une forte pression doit être exercée sur Erdogan pour qu’il cesse enfin de donner secrètement son soutien au terrorisme et qu’il ferme la frontière turque pour l’Etat islamique », a énoncé Wagenknecht.

Pour résoudre la situation, la communauté internationale devrait faire des efforts pour couper les sources de financement de Daesh, priver les terroristes de la capacité de recruter de nouveaux partisans et arrêter de fournir des armes.

Dans le même temps, Sahra Wagenknecht a souligné que l’intervention militaire joue en faveur des terroristes de Daesh, parce que les frappes aériennes font un grand nombre de victimes civiles, provoquant la haine et l’indignation parmi la population locale.

« L’Allemagne est impliquée dans une guerre, dont personne ne peut réellement contrôler le cours », a insisté, Sahra Wagenknecht.

Depuis 2014, les islamistes de Daesh se sont emparés de vastes zones en Syrie et en Irak, et ont déclaré un califat en vertu de la règle de la charia dans les territoires qu’ils contrôlent.

Compte tenu de cela, les États-Unis ont formé une coalition de quelque 60 nations qui ont mis en oeuvre des frappes aériennes contre les terroristes depuis Septembre 2014. La mission n’avait pas été autorisée par le gouvernement syrien ou le Conseil de sécurité des Nations Unies.

http://nor-haratch.com

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