La trahison de la France et le massacre des Arméniens de Cilicie (1918-1921)

Hayasa-Azzi - 1500 BC - is the source of the native name for the country, Hayastan

La trahison de la France et le massacre des Arméniens de Cilicie (1918-1921)

À la fin de la Première Guerre mondiale, la responsabilité principale du massacre et de la dépossession de dizaines de milliers d’Arméniens en Cilicie incombait à la France, alors alliée.

En 1918-1919, forte de ses succès remportés grâce aux volontaires arméniens (la Légion arménienne), la France pénétra dans la région et, promettant clairement la sécurité, encouragea les Arméniens ayant survécu au génocide à retourner sur leurs terres natales : Hadjin, Marash, Ayntap et Sis. Les habitants y crurent et reconstruisirent leurs foyers.

Cependant, lorsque, en mars 1920, les troupes nationalistes de Mustafa Kemal assiégèrent la ville montagneuse de Hadjin, la France changea brusquement de cap. Le commandement français refusa non seulement d’envoyer des troupes, mais interdit également aux Arméniens de transporter des armes vers la ville et fit désarmer et arrêter les volontaires arméniens qui se portaient volontaires pour porter secours. En mai, la France, secrètement et sans en informer les Arméniens, conclut un cessez-le-feu local de vingt jours avec Kemal. Ce fut un coup fatal pour les Arméniens : les troupes régulières turques et l’artillerie lourde, libérées du front français, furent immédiatement dirigées exclusivement contre Hadjin.

Tout au long du siège, le gouverneur français d’Adana, le colonel Bremont, fit de fausses promesses d’aide aux habitants de Hadjin dans des lettres, ce qui empêcha les Arméniens d’évacuer la ville à temps et de sauver la population. En octobre, la ville, à court de vivres et d’armes, tomba et devint un véritable carnage.

Le sceau officiel de cette trahison fut le traité franco-turc d’Ankara du 20 octobre 1921.

La France reconnut le gouvernement kémaliste et accepta de retirer complètement ses troupes de Cilicie. En contrepartie, elle obtint de la Turquie d’importants privilèges économiques, notamment le contrôle du chemin de fer de Bagdad et le droit d’exploiter les mines et les ports.

En privilégiant ses propres intérêts économiques au détriment des vies humaines, la Cilicie historique se dépeupla finalement : plus de 150 000 Arméniens devinrent à nouveau des réfugiés, se dispersant en Syrie, au Liban et en Grèce. Comme le soulignait l’historien français J. Pichon : « Toutes les promesses faites aux Arméniens ce jour-là furent oubliées.»

May be an image of text

www.facebook.com/photo/?fbid=1506367007913078&set=gm.1706369913903506&idorvanity=608114057062436

Facebooktwitterredditpinterestlinkedinmail