GÉNOCIDE – Quand l’occupant imprimait votre nom sur sa monnaie

Armenian Genocide – Carte Blanche For The Kurds To Massacre Armenians From General Nikolaev – June 22, 1915

Quand l’occupant imprimait votre nom sur sa monnaie

Une livre ottomane.

Sa couleur a jauni et ses bords se sont usés avec le temps. Mais elle n’a pas été réduite au silence… Elle porte quatre langues : l’ottoman, l’arménien, le français et le grec.

« ՄԵԿ ԼԻՐԱ » = Une livre.

La banque bâtie par des mains arméniennes

La « Banque impériale ottomane » (*Banque Impériale Ottomane*) a été fondée en 1863. Pendant des siècles, les Arméniens ont constitué l’épine dorsale du système financier ottoman. On les appelait la « Millet loyale » (*Millet-i Sadıka*) en raison de leur expertise dans le commerce, la banque et l’industrie.

Leurs demeures à Constantinople, Smyrne, Erzurum et Diyarbakır étaient des centres de finance et de commerce.

Et sans la compétence des Arméniens et leurs réseaux de commerce international, la livre ottomane n’aurait eu aucune valeur au-delà des frontières de l’Anatolie.

Lorsqu’un État imprime sa monnaie dans la langue d’un peuple, il reconnaît implicitement que celui-ci fait partie intégrante de son tissu économique.
Et les Arméniens n’étaient pas une « minorité » marginale, mais de véritables partenaires dans la construction de l’État… La langue sur la monnaie… La reconnaissance de la géographie.

La monnaie ne ment pas. La monnaie incarne l’identité du territoire. La présence de caractères arméniens sur la livre ottomane entre 1914 et 1918 constituait une reconnaissance explicite du fait que l’Anatolie orientale — Erzurum, Van, Bitlis, Muş et Diyarbakır — abritait des villes arméniennes dynamiques. On les désignait sous le nom d’« Arménie occidentale ».

Pour qui le mot « livre » était-il imprimé en arménien ?

Pour un peuple qui y vivait, y commerçait et y payait des impôts. L’État ottoman lui-même a gravé leur nom sur le sceau de la souveraineté, sur la monnaie, sur le symbole suprême de l’autorité.

Et puis… le nom a été effacé. Quelques années après l’impression de ce billet, en 1915, 1,5 million d’Arméniens ont été déportés et massacrés.
Leurs maisons, leurs commerces et leurs banques ont été confisqués.

Le nom a été effacé des cartes, des écoles et de la monnaie.
Mais ils ont oublié une chose : le papier. Cette livre a survécu. Un témoin silencieux. Cette monnaie nous le rappelle :

Ici, il y avait un peuple.
Ici, il y avait du commerce.
Ici, il y avait une identité.

Et ici, une grande partie d’une terre natale appelée « Arménie historique » a été occupée.

La livre ottomane portant des inscriptions en langue arménienne n’est pas qu’une simple monnaie.
C’est un document.

C’est une reconnaissance officielle, datée et scellée.

C’est la preuve que cette terre leur appartenait et que ce nom était gravé jusque sur la monnaie du Sultan… avant d’être effacé dans le sang.

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